Ohé matelot ! Quelques pérégrinations en voiliers

Ohé matelot !    Quelques pérégrinations en voiliers

En Ecosse - Jeudi 25 juillet 2013 – De Port Ellen (Islay) à (Ghiga) – 19 milles

Départ sous une grisaille qui se transforme rapidement en pluie. Pas une petite bruine de chez nous. De la pluie. De la vraie. Du genre pluie d’orage qui durerait un quart d’heure chez nous, mais ici, il est évident qu’elle peut continuer toute la journée. Au moins.

On avait senti le coup venir donc on s’est équipés en conséquence, veste de quart et pantalon étanche. Mais au bout d’un moment à devoir barrer, il fait frisquet, même s’il n’y a pas un souffle de vent. On restera au moteur, l’avantage c’est que ça permet de faire fonctionner l’ordinateur avec les cartes et le positionnement GPS, même sans le convertisseur en panne.

La pluie faiblit et reprend de plus belle. On prend notre mal en patience à coup de tasses de thé brulant et de petits cookies. La mer est d’huile comme la surface d’un verre de Bowmore. On aperçoit une éclaircie du côté de l’île de Ghiga et nous arrivons au mouillage sous un soleil resplendissant !

Tout sèche et on en profite même pour faire une petite lessive. Un casse croûte, et c’est parti pour une visite de Ghiga en vélo. Du classique. La petite route qui serpente entre des haies de fuchsias et de chèvrefeuille, les fougères et les prés, avec les chevaux, les vaches et les moutons. On ne s'en lasse pas.

 

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Pour clôturer, on s’offre la visite d’un jardin qui vaut le détour. Achamore Gardens. Immense propriété d’un richissime illuminé passionné de botanique, aujourd’hui gérée par un organisme officiel.

A l'entrée, on est priés par un écriteau de tremper ses chaussures dans l'eau et de les brosser, puis de s'essuyer les pieds sur un tapis "désinfectant" pour éviter d'introduire des cochonneries, virus, bactéries, microbes... dans le jardin ! Bon, ben on le fait...

C’est un domaine ouvert à tous, dans lequel sinuent de petits sentiers à travers des massifs gigantesques de rhododendrons et autres arbres fleuris, des espèces exotiques du monde entier, des mares, des serres, des clairières herbeuses… Dommage que la saison des fleurs soit terminée ! Le tout dans un mélange de forêt à l’état plus ou moins sauvage et de jardins fleuris soigneusement entretenus.

 

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Une courte ascension débouche sur un point de vue magnifique : la mer du côté opposé de l’île et au loin, Jura et les sommets jumeaux des Paps.

 

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Comme la plupart des lieux de visite, un tarif est indiqué à l’entrée, avec une « boîte à sous » dans laquelle déposer son obole. "Honesty box". Personne n’est là pour vérifier. Trust. Dans le bon sens du terme. Nous nous en acquittons avec reconnaissance.

Le manoir est aujourd’hui un B&B situé au cœur des jardins. Pour ceux qui souhaiteraient passer une semaine au calme, c’est l’idéal. On n’a pas vérifié le tarif.

Retour vers le port et là on fait le mauvais choix. Plutôt que de se poser dans le pub du village, on avance jusqu'à un café-restau à la bonne franquette au bord de l'eau qui nous avait fait plutôt bonne impression en arrivant. Il est plein et on peut se mettre à l'extérieur pour boire un verre. Des gens dînent sous une sorte de véranda, enfin plutôt une tente en plastique transparente qui entoure entièrement les quelques tables où ils sont installés. A l'extérieur de la terrasse, quelques personnes discutent avec animation. Ce sont les occupants des quelques tentes de camping plantées aux alentours.  Tous semblent passionnés et assez agités. Bougent les bras, se tapent les jambes, se frottent la tête. Et oui, ce sont tous ces signes que nous aurions du percevoir et interpréter avant de nous installer là. Caractéristiques d'une attaque de midges des plus classique en fin de journée.

Les midges sont d'horribles petits insectes volants (moustiques ?) qui rappellent les moutmouts du Sénégal ! Je ne sais pas si ça pique vraiment mais ça gratte terriblement dans les cheveux ! On finit nos verres et on file sans demander notre reste jusqu'au bateau en espérant que ces affreuses bestioles ne s'aventureront pas jusqu'au mouillage.

Et heureusement, nous en sommes débarrassés. Elles ne nous ont pas suivis. Après un bon dîner, nous dégustons un petit whisky au soleil couché, pleins de compassion pour les pauvres terriens qui sont contraints de partager la vie des midges.

 



22/08/2013

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